CANTIGA 384
(A que por gran fremosura)

 Cette belle cantiga ne possédant pas d'enluminures dans le manuscrit où elle se trouve, nous avons hardiment réalisé cette version par une collaboration dans le temps et l'espace:
Dominique Tixhon a réalisé les enluminures.
Xaime Varela a traduit les textes en galicien avec ses étudiants à la Sorbone, Yamila Alayane, Mathilde Debesombes, Céline Rabartin, Sabela Figueira.
Marcel Arnoux s'est chargé de la musique et de la mise en pages.
Espérons qu'Alfonso el sabio acceptera notre modeste contribution à son oeuvre...

A ce sujet, je vous conterai un miracle, d'après ce que l'on m'a dit,
Cela est arrivé à un moine très bon et très pieux
Et qui disait avec grand plaisir les prières à la Vierge,
Et qui avait un plus grand goût pour cela que pour tout autre plaisir.

C'était un très bon clerc qui lisait avec grand plaisir
Les vies des Saints Pères et de plus il écrivait très bien;
Là où il trouvait le nom de Sainte Marie
Il l'embellissait avec grâce à l'aide de trois couleurs
.

La première était or, couleur riche et belle
A l'image de la Vierge noble et pleine de grâces.
L'autre était faite d'azur, couleur merveilleuse
Semblable aux cieux resplendissants.

La troisième se nomme rose, car elle est couleur vermeille;
Là où chacune de ces couleurs était posée, elle ressemblait
A la Vierge qui est adorable, très sainte et qui
N'a jamais eu son pareil en beauté, elle est la meilleure des meilleur
es

 
 

 

Peu importe l'endroit où il allait
Le moine emmenait avec lui le nom de la Vierge qu'il adorait;
Il embrassait souvent ce nom, pour vaincre son ennemi
Le diable qui cherche toujours à nous induire en erreur

Un jour, alors qu'il était très souffrant,
Atteint d'une grave maladie,
Etant alité, il lui vint à l'esprit
D'être le plus grand adorateur de la Sainte Vierge.

L'abbé et les moines vinrent tous le voir,
Après l'avoir vu souffrant, ils mirent un frère à son chevet
Pour lui tenir compagnie; après être restés un moment,
Ils s'en allèrent. Mais la Dame des dames

Alors que le frère veilleur dormait, apparut au moine;
Il vit que la Vierge s'approchait de lui,
Et elle lui dit: "ne crains rien, je vais te faire monter au Paradis
Où tu verras les plus grandes âmes.

 

 

 

Puisque toi, tu décorait mon nom de trois couleurs,
Je t'emmenerai dans les cieux, où tu verras les choses divines
Et dans le Livre de la Vie, écriture parmi les écritures,
Tu seras avec ceux qui ne meurent pas, et n'ont plus de douleurs."

Alors la Sainte Reine emporta avec elle l'âme du moine.
Et ensuite, le veilleur se réveilla et se dirigea aussitôt vers le lit
Et trouvant son compagon mort, il fit sonner la petite cloche
Comme c'était la coutume chez les saints pères.

Tout de suite, l'abbé est arrivé accompagné des frères du couvent,
Qui devaient être au nombre de quatre-vingt ou cent;
Alors le frère veilleur leur dit: "mes frères, par devoir
Je vous dirai tout ce que j'ai vu si vous m'écoutez"

Il raconta tout ce qu'il vit en rêve, comme je vous l'ai déjà dit;
Et l'abbé le fit aussitôt mettre par écrit
Afin de détruire les oeuvres de l'ennemi maudit,
Qui veut nous emporter là où nous aurons peur éternellement

 Après avoir appris ce miracle, ils louèrent de tout leur coeur
La Sainte Vierge Marie, la Dame pieuse;
Et si parfois, ils furent tentés par le malin de manquer de respect
Ils se gardèrent bien d'être des pêcheurs.
 

 Cliquez sur la figurine pour entendre la Cantiga 384
Chant: Evelyne Dubosq

Lecteur: winamp téléchargeable sur http://winamp.com

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